33e jour : la pornographie, vision erronée de la sexualité

Le regard du psy : la pornographie, vision erronée de la sexualité

Un film X apprend peut-être au spectateur un vocabulaire sexuel élaboré. Il le renseigne sur  les gestes, les mouvements et les positions possibles dans un rapport sexuel. Mais il ne lui donne pas accès au mystère de la sexualité. Au contraire, la pornographie impose au spectateur une vision de l’individu et du corps qui évacue la question du désir en réduisant la rencontre sexuelle à une simple performance, à une simple énumération d’actes et de techniques plus ou moins sophistiquées.

Dans un couple, moment d’une rencontre vécue avec amour, chacun prend des risques, se découvre en découvrant son partenaire, invente des gestes et des caresses en écoutant la réponse de l’autre. C’est pourquoi, regarder des images pornographiques pour mieux savoir s’y prendre risque de déstabiliser et de falsifier cette rencontre avec l’autre en effaçant toute dimension de mystère, d’étonnement et de surprise. De plus, il existe un danger de voir naître une hostilité face à une relation réelle qui résiste et ne se présente pas comme on l’attendait.

D’après Michela Marzano, La pornographie ou l’épuisement du désir, ed. Buchet/Castel, 2003, p.144

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